Si la question peut paraître provocatrice, elle peut se poser aux vues des points communs qui touchent les deux films : l’histoire d’un handicap physique autant que moral, la rencontre entre deux univers que tout oppose, la renaissance fulgurante d’un des deux protagonistes…

Mais peut-on comparer ce qui est incomparable ?

Peut-on comparer la comédie à succès d’Eric Toledano et Olivier Nakache au drame intimiste de Jacques Audiard ? Car si l’handicap est le sujet au centre de ces deux longs-métrages, la comparaison tourne court. Là où le premier décide de dédramatiser le handicap, le second le met au centre d’une relation naissante.

 

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La question de cette comparaison posée implicitement par la marionnette de François Cluzet dans les Guignols laisse l’opportunité d’aborder le film de Jacques Audiard sous un angle nouveau.

Mais comparer de Rouille et d’os à Intouchables serait malencontreux du fait de l’extrême différence des deux films notamment au niveau du genre (comédie vs drame) comme de la mise en scène.

Car si l’une se fait dans les standards qu’impose la comédie, l’autre se trouve dans un rapport différent : celui d’une réalisation physique presque organique qui filme l’entrechoc quasi-constant de corps plus ou moins meurtris, notamment celui de Stéphanie, princesse qui a perdu ses illusions en même temps que ses jambes et d’Ali, jeune homme paumé en charge d’un enfant qu’il connaît à peine qui se livre à des combats clandestins.

Si la rencontre de ces deux personnages se veut fortuite, l’accident de Stéphanie les rapproche jusqu’à l’ultime point de chute : la naissance d’une histoire qui n’aurait jamais du avoir lieu.

Fin 2011, le couple Omar Sy-François Cluzet nous réjouissait de leurs répliques sans cesse détonantes. En mai 2012, celui formé par Marion Cotillard et Matthias Schoenaerts, quant à lui, nous enthousiasme tout autant de par la fragilité et la force qu’ils donnent à ces personnages torturés.

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N’oublions pas la bande-originale d’Alexandre Desplat qui nous livre au même titre que Jacques Audiard une de ses plus belles performances cinématographiques. Ici, la musique magnifie cet ensemble déjà surprenant de beauté et nous apporte la poésie d’une rencontre, d’une réhabilitation, d’une nouvelle naissance.

Parler d’Intouchables à ce niveau est inutile, car là où la comédie s’amusait à opposer deux univers que sont la musique classique et le hip-hop, le film d’Audiard se débarrasse de tout artifice pour saisir cet instant vrai, cet instant si précieux d’authenticité et de vérité qui nous rappelle que le cinéma n’est pas qu’un simple divertissement mais aussi un véritable art.

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Reparti sans aucun prix au festival de Cannes de 2012, le film de Jacques Audiard n’a aucun souci à se faire quant au succès futur dont il bénéficiera. Omar Sy en 2012 a remporté le César du meilleur acteur, en sera-t-il de même pour Matthias Schoenaerts et Marion Cotillard en 2013 ? Affaire à suivre…

 

 

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