BEAST, 4Minute, Secret, SUPER JUNIOR, TVXQ!, KARA, f(x), Wonder Girls, SISTAR… Ça ne vous dit rien?

Ces noms sont pourtant scandés par les foules partout à travers le monde! Ce sont les figures de proue du mouvement KPop, qui doit son nom à sa grande soeur la JPop.

Toujours pas? Allez, je vous explique.

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La KPop, ou dans sa version littéraire, la “musique populaire de Corée”, est un genre musical originaire de Corée du Sud, devenue une véritable sous-culture en Asie et qui se diffuse de plus en plus dans le monde, notamment aux États-Unis et en Europe.

Le genre est né au milieu des années 1990 avec l’apparition des premiers boys band et girls band en Corée. Ce genre s’est transformé en machine à soupe musicale normalisée, dont la production mettrait Justin Bieber au panthéon des poètes du XXIème siècle.

Le phénomène grandit d’abord en Asie mais s’exporte depuis peu hors du continent, porté par de grandes entreprises comme Google, qui a organisé lundi 21 mai à Montain View (le siège) son propre évènement Kpop : le MBC Korean Music Wave in Google (rien que ça). Le concert était offert à des milliers de fans à la voix haut perchée et diffusé sur Youtube en direct.

En France, le Petit Journal de Yann Barthès consacrait la semaine dernière la moitié de son émission à l’évènement Kpop de l’année, le Dream Concert 2012. En Juin 2011, les 6300 places du premier concert Kpop au Zénith de Paris se sont vendues en 15 minutes. Des fans mécontents d’être arrivés trop tard ont organisé une série de flashmobs dans la capitale pour réclamer la tenue d’un second spectacle. Lorsque les organisateurs ont accédé à leur revendication, les places sont parties cette fois en 10 minutes.

La KPop est devenu le fer de lance de l’exportation culturelle coréenne.

 

Qu’est-ce que c’est et pourquoi ça marche?

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La Kpop est chantée en groupe, souvent trop nombreux pour que des personnalités en émergent. 
Les jeunes fans aspirant à imiter leurs idoles participent à de grands concours, sous la forme d’auditions ou de télé-crochets, dont les gagnants remportent le droit de former leur propre groupe.
 

Les labels, tous créés à la naissance du mouvement dans les années 1990, prennent en charge la formation et l’entraînement de leurs poulains: cours de chant, de danse, coaching en maquillage, habillement… Chaque groupe aura son style vestimentaire, sa coiffure ou son accessoire symbole.
La seule constante: les groupes seront à la fois très homogènes esthétiquement et reconnaissables au premier coup d’oeil par leur spécificité. Je ne m’attarde pas sur l’aspect musical, basé sur un rythme monocorde et des paroles aussi peu compréhensibles qu’on les imagine profondes.
Ce qui frappe surtout, c’est la totale incapacité du néophyte – comme moi – à distinguer les différences de style entre deux groupes ou entre deux morceaux.

 

D’ailleurs les labels ne s’y trompent pas: ils produisent leurs écuries de groupes lors des mêmes évènements, pour le même public. Et pourtant à ces occasions les fans se déguisent à l’image de leur band préféré et se regroupent dans les salles de concert à la manière des supporters lors de compétitions sportives.
 

La convergence musicale des différents porte-drapeaux du mouvement semble expliquer les trésors d’imagination que les producteurs et les artistes jeunes stars dépensent dans le choix de leur style vestimentaire et d’état d’esprit.

 

À moins que ce ne soit la recherche constante d’originalité qui mène à la normalisation de celle-ci? 
C’est le paradoxe de la KPop, les chorégraphies (mouvements d’aquagym accélérés 100 fois) au millimètre et les costumes identiques imposent l’idée d’unité et de prédominance du groupe en tant que personne morale sur l’individu, mais qui s’oppose à l’exubérance des coiffures gelifiées et des couleurs fluos. La KPop, c’est l’illusion de la variété.

 

Sur cette conclusion, je vous laisse découvrir si ce n’est pas déjà fait cet épisode du Petit Journal, où l’on aura en bonus droit aux commentaires délicieux de nos amis de Séoul (qu’on aime beaucoup, même si leurs artistes font hurler nos pré-adolescentes au cri rappelant un RER qui arrive en gare!) sur la récente alternance dans notre pays.

 

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Le Petit Journal 18/05/12

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