EDIT : Le gouvernement canadien lance un projet de loi pour restreindre le droit de manifester
(Source : http://bit.ly/JbxWU3 )
Qui aurait cru que dans l’un des pays les plus neutres au monde, on aurait eu l’occasion de voir une jeunesse se soulever contre leurs institutions en se mobilisant de façon massive ?
Cela a pour conséquence, d’après certains analystes Québécois, « le moment où le Québec vit la plus grave crise politique depuis les événements d’octobre 1970 ».
Petit retour historique
Faisons un point pour mieux comprendre la situation.
Le Canada est un pays fédéral qui subdivise ses pouvoirs selon ses provinces, et chacune a un gouvernement propre .
Dans le sujet présent, chaque province adopte ses propres lois concernant l’éducation des jeunes et étudiants d’après la loi constitutionnelle Canadienne de 1867 (voir article 93).
Cela implique donc qu’il est libre à chaque gouvernement provincial d’instaurer sa propre politique dans le domaine de l’éducation (programme scolaire, financement des écoles… ).
Ce qui se passe actuellement au Québec est sans précédent concernant les études supérieurs.
Une augmentation de près de 75 % en cinq ans
Ci dessous le graphique illustrant la croissance droits de scolarité universitaire annuels au Québec depuis 1968 (en CAD). Les gouvernements libéraux sont en rouge, les péquistes ; en bleu. (les péquistes >> sympathisants du parti québecois).
Ce projet d’augmentation des frais de scolarités universitaire est à l’initiative de la ministre du Québec de l’éducation : Line Beauchamp. Le mandat du premier ministre Québécois actuel est sous le signe du parti libéral avec Jean Charest.
On peut constater que c’est un projet d’augmentation progressive des droits de scolarité universitaires annuels annoncée pour 2012 à 2017 par le gouvernement Charest. Les frais passeraient donc de 2 168 $CAN (1,691.48 €) à 3 793 $CAN (2,959.32 €), soit une augmentation de près de 75% en 5 ans.
Le désir de s’aligner sur le Reste du Canada
Les universités québécoises sont pour la plupart en fort endettement, et pour cela le gouvernement du premier ministre Charest souhaite faire cracher au bassinet les étudiants québécois. Ceux ci en effet, sont ceux qui payent jusqu’à présent les frais de scolarités les moins élevés dans tout le Canada.
Voici un tableau de comparaison des coûts de frais de scolarité par province :

Et oui ça fait très cher… Mais bon, il faut arrêter d’éduquer les pauvres et les classes moyennes, car si cela continue ce ne sera pas une révolte qui se fomentera, mais une Révolution !
D for Démission
Seulement voilà, le 14 mai 2012, après 3 mois effectifs de grèves, un espoir de “victoire” jaillit de nul part pour les étudiants Québécois militants : la ministre de l’Education démissionne.

Elle la remet lors d’un point presse accompagnée par le premier ministre. Elle présente sa sortie du gouvernement comme un “ultime compromis” et que c’est une démission “invoquée à titre personnelle” ayant été tenue en échec par les différentes associations étudiantes grévistes quant à l’issue du conflit.
Elle cède sa place à Michelle Courchesne qui a été ministre de l’éducation…Il y a deux ans.
Hmmm… Vous avez dit “démission personnelle ?”
Ca pue le remaniement ministériel en douce, histoire d’éviter d’enliser la situation.
Il était temps, surtout quand on sait qu’en 2009, Line Beauchamp avait participé a une récolte de fonds pour le parti libéral dans son fief et a réussi a ne pas réaliser qu’elle a empoché de l’argent de la part d’un investisseur issue du Milieu… La grande classe.
Encore une fois, Jean Charest sauve ses fesses en trouvant un bouc-émissaire, mais est ce que cela durera longtemps ?
Les grands changements politique dans un pays commencent toujours par l’exaspération de la jeunesse d’une nation ou d’une région.
En France c’était mai 68… Et si au Québec la date de Mai 2012 allait devenir aussi historique ?
Affaire à suivre . . .
KmiKdze
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