The Birds, Alfred Hitchcock

prise de bec

Partout, ils sont partout. Des smartphones aux pubs télé en passant par les démos techniques de certains navigateurs, il est impossible d’échapper à ces oiseaux de malheur. Le moindre piaillement, le plus imperceptible bruit d’ailes,  provoquent chez moi nausées et sueurs froides .C’est bien simple : je suis devenu ornithophobe.

Ces maudits piafs originaires de Finlande ont commencé à proliférer mondialement depuis plus d’un an et demi. Et si vous doutez encore de leur animosité, il suffit de lire leur nom, Angry Birds, pour s’en convaincre : ils sont venu dévorer les dernières miettes de votre cortex, déjà bien entamé par les memes, tumblr et les statuts de cette sublime fille que vous avez ajoutée sur Facebook dans l’espoir de l’attirer dans votre couche, mais dont la finesse de visage n’a d’égale que sa lourdeur d’esprit… bref, revenons à nos mout… à nos satanés volatiles.

 

dissection du volatile

Gameplay de Angry Birds

Pour les bienheureux ayant échappés au hype Angry Birds, rappelons le principe de cette application soi-disant ludique : armé d’un lance pierre, l’utilisateur doit projeter diverses boules de plumes et de becs afin d’opérer le génocide de mignons petits cochons verts. C’est donc un principe usé jusqu’à la corde par des dizaines de jeux flash que nous sert Rovio.

Un plat qui sent le réchauffé donc, mais recouvert d’une sauce de graphisme Kawaii censée le rendre plus digeste à ingérer. Mais ce n’est pas la fraicheur des aliments, ni la diversité des ingrédients qui pèchent (les différents mécanismes offert par chaque type d’oiseau est en soi intéressant) mais leur assemblage : en effet, Angry Birds propose un Level Design d’un enfant de 5 ans… ou plutôt non, Angry Birds ne possède pas de Level Design du tout. Les éléments de niveaux sont posés çà et là, formant parfois une esquisse de bâtiments ou de véhicules, mais jamais avec la moindre once d’intelligence ludique. À cela vient s’ajouter une physique plutôt mollassonne malgré le moteur physique utilisé (vous croyez que Rovio avait développé la physique du jeu ?! que nenni, ils ont utilisé l’excellent Box2D, moteur physique open-source, qu’ils n’ont pas jugé nécessaire de citer dans les crédits, ce qui a conduit à un mini scandale lors de la GDC de mars dernier). En découle un titre qui ne demande ni réflexion, ni dextérité : un jeu bien creux en somme. Mais alors comment expliquer son succès ?

 

le rédacteur va y perdre des plumes

Angry Birds

Angry Birds n’est en aucun cas un jeu, c’est un jouet : tout comme l’enfant en bas âge découvre sa force et l’interaction avec le monde en donnant un coup de pied dans un tas de cube, l’homme d’affaire ou la lycéenne redécouvre ce pouvoir primaire de destruction en explosant caisses et cochons. Il s’agit du même plaisir, proche du TOC, que ressentent certaines personnes à déchiqueter un gobelet en plastique ou à décoller l’aluminium d’un emballage de chewing-gum, pour s’occuper les mains en laissant leur cerveau disponible pour des pensées plus importantes (par exemple savoir si les courbes de la jeune fille ajoutée sur Facebook plus haut suffisent pour supporter 2 heures de monologue en terrasse).

Angry Birds remplit donc son rôle : occuper nos doigts  à  catapulter des volatiles plutôt qu’à explorer nos cavités nasales, lors d’un trajet ennuyeux. Ni dextérité, ni réflexion, ni émotion: on a bel et bien à faire à un non jeu, à un passe-temps au sens primaire du terme. Et si l’on n’a pas de bouquin sous la main, alors oui, il permet de tromper efficacement l’ennui entre 2 stations de métro. Mais alors quelle surprise de voir certains chroniqueurs jeux vidéo l’élever au rang de jeu du moment en vantant ses qualités ludiques, ou d’entende de nombreuses personnes me confesser leur addiction aux oiseaux finlandais.

Loin de moi l’idée de jouer le hipster vidéoludique méprisant les jeux casuals, ce genre ayant engendré bien des pépites (Cut The Rope et son Level Design intelligent, Tiny Wing est son gameplay simple mais fin…). Mais je me pose la question : peut-on être accro au curage de nez ?

N’hésitez pas à nous donner votre avis dans les commentaires, chasseurs d’œufs d’or comme allergiques aux piafs…

 

#Bonus Level : la reprise du theme d’Angry Birds pas le génial duo Pomplamoose

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Une réponse à “ANGRY BIRDS : le paroxysme du non-jeu”

  1. [...] de Nintendo. Hors l’actionnaire n’est pas convaincu de l’intérêt ludique de l’iPad. Lui il ne joue qu’à Angry Birds parce que ça lui évite de se ronger les ongles. Du coup, pour la jouer technophile, il a dit à ses petits copains en costumes que Nintendo [...]

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